Cet été, la plateforme de crowdinvesting WiSeeda obtenu l’agrément de Prestataire de Services d’Investissement (FAI) par le régulateur français des établissements financiers, l’Autorité de Contrôle Prudentiel et de Résolution (ACPR), avec l’agrément du régulateur des marchés boursiers, l’Autorité des Marchés Financiers (AMF). L’obtention de ce statut est une étape importante pour WiSeed car elle élargit considérablement le champ d’action de la plateforme et renforce sa crédibilité en tant que société financière. Il annonce également un tournant dans le secteur français du crowdinvesting au sens large. Nous nous attendons à ce que d’autres plateformes de financement participatif de premier plan actuellement autorisées en vertu du règlement sur le financement participatif sur mesure emboîtent le pas afin de démontrer leur ambition de sortir du bac à sable et de défier les fournisseurs de services financiers en place en les concurrençant selon les mêmes règles et réglementations.
Comme nous l’avons écrit plus tôt cette année, de nombreux gouvernements du monde entier ont publié des réglementations nationales adaptées au financement participatif des investissements afin de favoriser la croissance du secteur local du financement participatif tout en protégeant les investisseurs de détail. Fin 2014, la France a démontré une approche de régulation typique sur mesure pour les start-up de financement participatif, un statut spécifique au financement participatif de Conseiller en Investissement Participatif (CIP). Ce nouveau statut uniquement national a une portée très limitée en termes de type et de taille des problèmes de sécurité. Il bénéficie en retour d’exigences de reporting et de fonds propres plus faibles que le statut actuel de FAI, auquel la plateforme de financement participatif aurait pu demander à la place, mais la plupart, à quelques exceptions près comme Alternativa.fr , ne pouvaient pas se permettre.
Il n’est pas surprenant que le WiSeed mûr veuille s’émanciper des règles de financement participatif sur mesure et demander un statut de FAI défini par les lois générales sur les valeurs mobilières et les services financiers à l’échelle de l’UE. En effet, WiSeed est un pionnier depuis son lancement en France en 2008. Elle a été l’une des premières entreprises au monde à lancer une plateforme de financement participatif en actions et, par la suite, à l’ouvrir au crowdfunding immobilier. C’était également la première plateforme autorisée en tant que CIP dans le cadre du règlement français sur le financement participatif sur mesure. Ayant levé à ce jour plus de 56 millions d’euros de crowdfunding et de crowdfunding immobilier (dont les trois quarts au cours des 18 derniers mois), WiSeed est désormais la première plateforme de financement participatif à passer du statut de crowdfunding sur mesure à l’accréditation en tant que FAI.
J’ai parlé à Stéphanie Savel, PDG de WiSeed, de l’importance de cette évolution et des projets de son entreprise.
Quelles sont les principales raisons pour lesquelles vous avez décidé que WiSeed devrait être autorisé en tant que FAI, d’autant plus que la réglementation française sur le financement participatif est sur le point d’être mise à jour?
Stéphanie Savel: En effet, la réglementation française du crowdfunding sur mesure devrait prochainement être renforcée à plusieurs niveaux. La limite supérieure de la taille des offres devrait être portée de 1 million d’euros actuellement à 2,5 millions d’euros. Le type de titres pouvant être négociés sur les plateformes de financement participatif devrait être élargi pour inclure les convertibles, les actions privilégiées et les prêts d’actionnaires.
Néanmoins, nous avons décidé de faire passer le statut de notre entreprise du statut de crowdfunding sur mesure de CIP à celui de FAI pour deux raisons majeures.
Le premier concerne notre stratégie de croissance de la clientèle. Nous voulons élargir considérablement notre champ d’action. Nous voulons être en mesure d’offrir aux investisseurs particuliers qui sont nos principaux clients cibles une plus grande diversité d’instruments financiers qui répondront à un plus large éventail de leurs besoins en matière d’épargne et d’investissement. En tant que FAI, nous ne sommes plus limités à des types spécifiques de titres. En particulier, nous pouvons négocier tout type d’actions ou de titres de créance disponibles dans l’Union européenne. L’un des principaux avantages d’être un FAI est le passeport européen qui nous permet de négocier des titres émis dans n’importe quel pays de l’Union européenne. Etre FAI ouvre également de nouvelles opportunités en termes de type d’émetteur puisque nous pouvons désormais intermédiaires des offres jusqu’à 5 millions d’euros sans prospectus, c’est-à-dire des offres de grandes entreprises.
Notre deuxième motivation est d’établir notre crédibilité en tant que société financière capable d’évoluer et de résister à l’épreuve du temps. Se préparer à être autorisé en tant que FAI était un processus exigeant et coûteux. Nous avons porté notre capital à 1 million d’euros; nous avons mis en place des processus rigoureux de contrôle interne ainsi que des audits externes par des tiers accrédités tels que KPMG et Grant Thornton. Mais le travail acharné est payant. Les nouvelles règles et processus créeront plus de confiance entre toutes nos parties prenantes: nos actionnaires, nos clients, à la fois investisseurs et sociétés de financement, et nos partenaires.
