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Le mandat d’Ian Scott à la présidence du CRTC prendra fin en septembre. Heureusement!
C’est un président qui ne laissera pas un souvenir impérissable, sauf à Radio-Canada à qui, dans un match serré à trois contre deux, son conseil vient de faire une fleur presque inconcevable en renouvelant ses licences presque sans condition. Avoir donné raison à Ricardo Lamour pour une plainte futile, puis avoir donné la même semaine carte blanche au radiodiffuseur public en dit long sur la compréhension du président Scott. Comme pour la plainte concernant le « mot en n », deux commissaires ont à chaque fois divergé d’avis. Caroline Simard, la vice-présidente, s’est opposée à la majorité dans les deux cas.
Le tribunal administratif a noirci des pages et des pages (68 000 mots : 113 fois la longueur de cette chronique !) pour soulager le radiodiffuseur public de la plupart des conditions de licence qu’il a dû respecter pendant des décennies. Le CRTC estime que bien qu’il ait toujours respecté les conditions de sa licence, il continuera de le faire, même si cela ne lui est plus imposé. C’est comme enlever les panneaux d’arrêt aux coins des rues sous prétexte que la plupart des automobilistes les respectent! Le CRTC n’imposera plus de quotas à Radio-Canada pour le contenu canadien, les émissions pour enfants, les émissions locales et les émissions produites par des indépendants.
CONDITIONS POUR LES RADIODIFFUSEURS PRIVÉS ?
Les radiodiffuseurs privés n’ont pas encore crié au meurtre, mais ils devraient le faire bientôt. Lors du renouvellement de leurs licences, le CRTC ne sera pas en mesure de leur imposer des conditions qu’il vient de confier à Radio-Canada. À ma connaissance, TVA, comme Radio-Canada, a toujours dépassé ses conditions de licence de contenu canadien, ce qui est loin d’être le cas pour les diffuseurs de langue anglaise.
La prédominance d’émissions canadiennes, la diffusion d’émissions produites par des producteurs indépendants, la diffusion de séries dramatiques et de documentaires canadiens sur les réseaux traditionnels, la programmation locale minimale, la programmation destinée aux enfants et aux adolescents à la télévision régulière comptent parmi les conditions traditionnelles qui s’envolent. Radio-Canada pourra se contenter de mener régulièrement des sondages auprès de son auditoire, sondages qu’elle soumettra au CRTC ainsi que divers rapports sur ses activités. Le conseil ne pourra rien imposer, mais il aura tout le loisir de faire des suggestions ou des recommandations. Serait-ce une astuce d’intervenir sur le contenu des programmes, comme il vient de le faire avec tant de justesse et de tact dans le cas du programme Le 15-18 par Annie Desrochers?
NOUS INVESTIRONS DANS LE DIGITAL
Détail important pour un grand nombre de téléspectateurs, la décision du CRTC laisse le diffuseur public libre d’investir dans la télévision numérique plutôt que traditionnelle. Il pourra donc dépenser tout ce qu’il voudra sur Internet et élargir le répertoire de CBC Gem, CBC Listen, tou.tv, tou.tv Extra, OHdio, etc., sans égard pour ceux qui n’ont pas Internet. ou qui vivent dans des zones et des régions où ils n’ont pas encore accès au haut débit.
Cependant, le CRTC impose de nouvelles conditions à Radio-Canada concernant la programmation produite par les peuples autochtones, les communautés de langue officielle en situation minoritaire, les Canadiens racialisés, les personnes handicapées ou celles qui s’identifient à la communauté LGBTQ+. La SRC sera également tenue de consacrer une proportion minimale de pièces musicales autochtones à diffuser dans leur intégralité. Le CRTC doit être au diapason de l’heure « fédérale »…
Rob Wilson est journaliste au bureau des nouvelles depuis 2013. Avant cela, elle a écrit sur la jeune adolescence et la dynamique familiale pour Styles et a été correspondante des affaires juridiques pour le bureau Metro. Avant de rejoindre The Gal Times, Rob Wilson a travaillé comme rédacteur au Village Voice et comme pigiste pour Newsday, The Wall Street Journal, GQ et Mirabella. Pour entrer en contact, contactez-moi via mon rob@bobrtimes.com 1-800-268-7128