JOURNÉE
L’adversité fait malheureusement partie de la vie. Quand on est frappé par un coup du sort, il devient impératif de trouver une issue. Selon l’auteur Christophe André, les différentes formes de consolation peuvent aider à traverser les épreuves que la vie nous impose.
« La consolation permet de réparer tous les liens brisés par l’adversité », explique l’auteur et psychiatre français Christophe André, qui a voulu écrire ce livre en 2015, lorsqu’il a appris qu’il avait un cancer du poumon.
C’est le recul et la guérison qui lui ont permis, quelques années plus tard, d’écrire enfin ce livre, où sont présentées plusieurs expériences de vie liées à la souffrance et aux vertus de consolation.
Si l’auteur a rencontré un nombre phénoménal de personnes brisées par la souffrance psychique au cours de sa pratique, il n’avait pas compris toute l’importance de la consolation avant d’être lui-même frappé par la peur de mourir.
Consolations Celles qu’on reçoit et celles qu’on donne, Christophe André, Éditions de l’Iconoclaste, 340 pages
« J’ai ouvert les yeux sur ce besoin de consolation que l’on ressent quand on se sent très fragile. J’avais un immense besoin de consolation, confie Christophe André. Malheureusement, les psychiatres apprennent à ne pas trop exprimer leurs émotions à leurs patients et à garder une distance thérapeutique, alors que nous cherchons un peu de consolation en consultant. Parfois, un seul mot peut aider le patient à avancer et à guérir.
Un mot, certes, peut être réconfortant. Dans son livre, Consolationsl’auteur propose une foule de suggestions de consolation, si importantes quand ça va mal et qui vous aideront à vous relever en cas de chute.
« Le mouvement de consolation est une reconnexion à soi et aux autres », souligne l’auteur. En effet, face à l’adversité on peut avoir une perte de connexion avec soi-même puisque l’on peut culpabiliser en cherchant ce qu’on a fait de mal pour causer ce malheur.
« Inutile de rajouter une source de stress supplémentaire en se culpabilisant et en s’attaquant alors qu’il faut déjà faire face à l’adversité », précise Christophe André.
Sinon, beaucoup vont couper les ponts avec les autres en se croyant incapables de comprendre leur désespoir, ce qui provoque une rupture avec les autres. Pourtant, l’auteur croit que tout le monde fait face à l’adversité à un moment donné.
Hors de l’obscurité
« La souffrance est un piège terrible », explique le psychiatre, qui ajoute que toute notre attention tourne autour de notre souffrance au point de ne plus rien voir d’autre et de ne plus pouvoir se réjouir ou apprécier quoi que ce soit. Le reste du monde ne nous intéresse plus, la souffrance prend le dessus.
Cependant, le sentiment que nous ne sommes pas seuls peut nous aider à sortir de l’obscurité.
Quand on est dans la désolation, le désespoir, la détresse psychologique et quand on est triste et malheureux, il est important, selon l’auteur, d’essayer quelque chose.
« Il faut essayer d’initier un mouvement de changement et de transformation afin de se libérer de la souffrance », illustre le psychiatre.
Se consoler est essentiel en acceptant de faire de petits efforts pour renouer avec le monde extérieur.
Les divertissements, comme se promener dans la nature, écouter de la musique, voir un spectacle, aller au cinéma – ou au musée, sont de petits moments de lâcher-prise qui détournent notre attention de notre tristesse et de nos ténèbres.
Il faut voir ces moments de consolation comme une bouffée d’air frais.
« Au lieu de s’abriter dans la tristesse, il faut s’ouvrir à des activités simples, suggère Christophe André. Cela ne va pas régler nos problèmes, ils seront toujours là, mais cela nous permet de nous régler nous-mêmes et nous pouvons faire face aux problèmes différemment. >
Il est aussi impératif d’apprendre à accepter la consolation, quand on traverse une épreuve, ce qui n’est pas facile pour tout le monde.
« Pour certaines personnes, il s’agit d’une intrusion dans sa vie privée et on peut ne pas être à l’aise avec cela, souligne l’auteur. Les gens qui veulent nous aider le font parfois maladroitement et la personne qui ne va pas bien se sent obligée de faire semblant d’être meilleure. ”
Pourtant, il est essentiel, estime l’auteur, d’accepter la consolation de quelqu’un qui vient nous offrir de l’aide afin d’apaiser notre tristesse, même si cela ne résout rien.
Pour d’autres, ce sera plus de travail de vouloir se consoler.
« Ce sont ceux qui sont convaincus que la vie est affreuse et sombre et que toute consolation est inutile ; », précise l’auteur.
Et puis, il y a ceux qui refusent la consolation pour de mauvaises raisons, car cela revient à reconnaître leur infériorité, leurs faiblesses, leur impuissance ou leur échec.
« Si vous êtes un peu narcissique, vous voulez être admiré, même dans la souffrance », ajoute Christophe André.
Enfin, accepter la consolation, c’est aussi accepter d’être aimé.